Faisant partie des plus grandes religions au monde, le Bouddhisme s’est introduit en Chine au 1er siècle de notre ère par la route de la soie. Surtout connu aujourd’hui comme constituant la pensée spirituelle chinoise, le bouddhisme a pourtant été fondé en Inde du Nord au 6ème siècle avant JC avant de s’introduire et de se répandre en Chine.
La doctrine de Bouddha s’inscrit dans le prolongement du Brahmanisme indien et supplante cette région suite aux crises socio religieuses que l’inde connaît à l’époque de son avènement. Cette nouvelle religion va réussir à séduire les Chinois grâce à deux de ses aspects particuliers : la promesse d’une vie après la mort et le karma. En effet, selon la doctrine bouddhique, tout être meurt pour renaître dans un autre corps qui à son tour mourra puis renaîtra et ceci selon un cycle régi par ce qu’on appelle le karma qui constitue en fait le résultat des bonnes ou mauvaises actions passées.
La doctrine bouddhiste, œuvre de son fondateur Siddhârta Gautama, est basée sur l’affirmation de « quatre nobles vérités » :
- La première vérité annonce que la douleur est la compagne irrésistible de la vie car aucune félicité n’est durable. C’est ainsi que le bouddha annonce dans un des textes sacrés relatant ses paroles et enseignements : « voici, o bhikkhus, la noble vérité sur dukkha (= douleur). La naissance est dukkha, la vieillesse est dukkha, la maladie est dukkha, la mort est dukkha, être uni à ce que l’on aime est dukkha, ne pas avoir ce que l’on désire est dukkha (…) ».
- La deuxième vérité est que la douleur naît de la « soif » d’accéder à ses propres désirs et passions et qui constituent ainsi la cause de certaines conséquences comme la convoitise, la jalousie, la haine, l’erreur (…) « voici, o bhikkhus la noble vérité sur la cause de dukkha. C’est cette « soif (désir) qui produit la re-existence et le re-devenir, qui est liée à une avidité passionnée et qui trouve une nouvelle jouissance, tantôt là, c'est-à-dire la soif des plaisirs des sens, la soif de l’existence et du devenir et la soif de la non- existence. ».
- La troisième vérité procède du lien logique que l’on peut établir entre les deux précédentes : ainsi si l’on supprime la cause (la soif), on pourra annuler aisément son désir, on annihilera la souffrance : « Voici, o bhikkhus, la noble vérité sur la cessation de dukkha. C’est la cessation complète de cette « soif », la délaisser, y renoncer, s’en libérer, s’en détacher.
- Enfin, la quatrième vérité énonce la morale du bouddhisme : « Le noble Sentier Octuple » ou « La voie des huit vertus ». Cette quatrième vérité recommande la méditation pure, le savoir, la vérité et le Bien… bref huit vertus qui permettront d’accéder au Nirvana, c'est-à-dire l’état suprême de non- existence, de non réincarnation, d’extinction de désirs, qui permet d’échapper à la fatalité du devenir et au cycle des vies sans cesse renouvelées.
Le fondateur du bouddhisme, Siddhârta Gautama, n’ayant laissé aucun écrit à ses fidèles, la tâche de la consécration par écrit de son enseignement fut entreprise par ces derniers. C’est ainsi que la pensée bouddhiste fût essaimée à travers le monde grâce aux textes sacrés dénommés « Sutra », que les disciples se répandirent à travers trois Écoles importantes de pensée ce qui contribua au développement de cette religion.
La première de ces écoles est le « Hinayana » qu’on peut traduire par « petit véhicule ». Ce « petit véhicule » est axé sur les modalités à adopter pour atteindre le Nirvana. L’école du bouddhiste Hinayana est particulièrement répandue au Sri lanka, en Birmanie et en Thaïlande. Sa singularité s’observe dans le fait que par rapport aux autres Ecoles de la pensée Bouddhiste, elle ne reconnaît pas au Bouddha une nature divine d’une part et d’autre part elle réserve la voie de Nirvana uniquement aux religieux dotés d’une morale stricte. Cette première Ecole de la pensée Bouddhiste est consacrée dans un texte canonique écrit en sanskrit : le « Tripitaka ».
La seconde influente du Bouddhisme est le « Mahayana » ou « Grand véhicule ». Elle se répandit dans le Nord de l’Inde, le Tibet, la Mongolie, la Chine, la Corée, le japon et borne partie du Sud – Est de l’Asie (Vietnam, Cambodge).
Contrairement à la conception de l’école « Hinayana », le Mahayana procède à déification de Bouddha. Cette Ecole attribue au Bouddha en aspect Humain, divin et cosmique communément identifié comme étant la doctrine des trois corps. Le Mahayana enseigne que la sainteté n’est pas seulement une idée de perfection personnelle mais doit aussi servir de moyen pour aider l’individu à atteindre cet état de grâce. Les disciples de cette religion renoncent, comme le Bouddha, temporairement ou définitivement, à atteindre le Nirvana dans le dessein d’aider les autres hommes à connaître eux aussi l’illumination. Le Mahayana prévoit par ailleurs le statut pour tous.
Cette Ecole de la pensée Bouddhiste s’est éclatée en de nombreuses sectes au Japon et en Chine. La plus connue sans doute de ces sectes issues de Mahayana est le Bouddhisme Zen ou Chan (en Chinois). Les adeptes du Zen ou du Chan mènent une vie ascétique pour tenter d’atteindre l’illumination.
Enfin, la troisième Ecole de la pensée Bouddhiste est l’Ecole Lamaïque. Cette Ecole issue du Mahayana s’en distingue par le fait qu’elle reprend plusieurs aspects de l’hindouisme longtemps écarté par l’hétérodoxie Bouddhiste. L’enseignement du lamaisme est consacré dans des écrits sacrés qu’on appelle « Tantra » et qui s’apparente davantage à des ouvrages de pratique rituelle. En effet, les tantras regroupent des exercices de yoga qui permet au corps de disposer de pouvoir surnaturels. Par certains aspects, les tantras apparaissent même comme des ouvrages de magie tant ils renferment des textes sacrés qui prêteraient à celui qui les récite des pouvoirs surnaturels.
Avant d’être définitivement ordonné comme moine, les adeptes du bouddhisme aspirant à entrer dans la vie monastique doivent passer par deux étapes essentielles. Dans un premier temps, il faut que le novice aspirant- moine s’engage à respecter scrupuleusement 10 interdites et qu’il remplisse une condition d’âge. En effet, l’apprenti moine doit être âgé d’au moins 16 ans. Une fois cette condition remplie, il doit consentir à ne pas tuer, ni voler, ni forniquer, ni mentir, ni boire des boissons alcoolisées, ni manger aux heures interdites, ni danser et chanter ou assister à des spectacles, ni s’embellir, ni utiliser un lit ou un siège confortable, ni accepter de recevoir de l’or ou de l’argent.
Si l’aspirant moine passe cette étape sans encombre au terme d’une instruction plus ou moins longue, il sera alors autorisé à passer un examen qui lui permettra après coup d’être ordonné définitivement en tant que moine. Il est cependant à noter qu’il lui sera toujours donné la possibilité à tout moment au cours de ces deux étapes de son ordination de se représenter.
Les moines fréquenteront alors durant toute leur vie monastique les laïcs. En effet, une fois ordonné, le moine bouddhiste aura comme principales activités, outres les prières, les études, les rituels de confession, les cérémonies religieuses, l’instruction des enfants, les cérémonies tels que les mariages et les crémations, et même des activités plus terre à terre comme l’agriculture.
Religion vieille de plus de 20 siècles, le bouddhisme fut menacé durant le XXème siècle par la vague du socialisme athée qui recouvrit la majeure partie de l’Asie dans les années 1960. En Chine par exemple, la plupart des monastères furent soit détruits soit fermés par les gardes rouges de la révolution culturelle de 1966. Certaines régions de la Chine comme le Tibet furent les plus frappées par cela. Toutefois, le rétablissement de la liberté religieuse par la constitution chinoise de 1982 contribue à améliorer la situation.

